Dr Anwar CHERKAOUI avec le concours de l’Agence Nationale de Réglementation des Activités relatives au Cannabis (ANRAC)
Longtemps cantonné aux débats autour du cannabis, le CBD (cannabis médical) s’impose aujourd’hui dans un tout autre registre : celui du bien-être et de l’équilibre émotionnel.
À l’heure où le stress chronique progresse partout dans le monde, les données scientifiques et les grands rapports internationaux publiés en 2025 confirment un intérêt croissant pour cette molécule non psychotrope, désormais perçue comme un soutien potentiel face à l’anxiété, aux troubles du sommeil et aux tensions du quotidien.
Le Maroc n’échappe pas à cette tendance.
Dans un contexte urbain de plus en plus exigeant, rythmes accélérés, pression professionnelle et surcharge mentale poussent de nombreux citoyens à rechercher des solutions naturelles complémentaires.
Et parmi elles, le CBD ( cannabis médical) gagne progressivement du terrain.
Un phénomène mondial face à un stress devenu enjeu de santé publique
Le stress n’est plus un simple malaise passager.
Il est désormais reconnu comme l’un des grands défis de santé publique du XXIᵉ siècle.
Troubles du sommeil, difficultés de concentration, irritabilité, fatigue chronique : ses effets s’invitent dans toutes les sphères de la vie quotidienne.
Face à cette réalité, les solutions dites « naturelles » connaissent un essor remarquable.
Respiration, méditation, phytothérapie… et désormais CBD.
Cette molécule issue du cannabis, dépourvue d’effet psychotrope, attire l’attention des chercheurs comme du grand public.
Ce que dit la science : des données de plus en plus solides
Ces dernières années, la littérature scientifique s’est considérablement enrichie. Des équipes de recherche aux États-Unis, au Canada, en Europe et en Australie ont exploré le rôle potentiel du CBD dans la gestion du stress et de l’anxiété.
Les résultats convergent : atténuation des symptômes anxieux, amélioration de la qualité du sommeil, diminution des réactions excessives de vigilance et effets encourageants sur certains marqueurs biologiques du stress, notamment le cortisol.
Pour la Dre Leah Arbus, psychiatre à l’Université de Toronto, « le CBD présente aujourd’hui un réel intérêt pour les personnes exposées à une pression continue, à condition qu’il soit utilisé dans un cadre médical et réglementé ».
Sur le plan neurobiologique, les chercheurs ont mis en évidence plusieurs mécanismes d’action.
Le CBD influencerait notamment l’activité de l’amygdale, centre cérébral des émotions et de la peur, ainsi que certains récepteurs de la sérotonine, essentiels à la régulation de l’humeur.
Un double effet qui pourrait expliquer la sensation de détente mentale souvent rapportée par les utilisateurs.
Les rapports 2025 confirment une dynamique mondiale
Les grandes institutions internationales viennent aujourd’hui renforcer ces observations cliniques.
Le European Drug Report 2025 note une progression régulière de l’usage du CBD pour soulager les tensions nerveuses, particulièrement en milieu urbain.
Le cabinet Brightfield Group classe désormais la gestion du stress parmi les premières motivations d’achat de produits à base de CBD.
De son côté, le Global Wellness Institute place le CBD parmi les solutions naturelles les plus recherchées au monde pour accompagner l’anxiété, aux côtés de la méditation et des techniques respiratoires.
Une vaste étude allemande publiée en octobre 2025 apporte un éclairage supplémentaire : plus de la moitié des utilisateurs interrogés déclarent utiliser le CBD pour mieux dormir, près de 45 % pour soulager l’anxiété ou les symptômes dépressifs.
Autrement dit, le CBD s’installe progressivement dans les routines de bien-être de millions de personnes à travers le monde.
Le Maroc avance avec* *prudence et encadrement
Dans ce contexte international dynamique, le Maroc suit sa propre trajectoire.
La filière du cannabis licite, structurée sous l’autorité de l’Agence Nationale de Réglementation des Activités relatives au Cannabis (ANRAC), développe désormais des produits à base de CBD orientés vers le mieux-être.
Traçabilité, contrôle de qualité, absence d’effet psychotrope : le cadre réglementaire marocain se veut strict et protecteur.
Les produits sont distribués dans des circuits autorisés, notamment en pharmacie.
Sur le terrain, les professionnels de santé observent une demande croissante, en particulier chez les actifs confrontés à des rythmes de vie intenses et à un stress chronique difficile à maîtriser.
Une molécule prometteuse, mais pas une solution miracle
Les spécialistes le rappellent : le CBD n’est ni un médicament miracle ni un substitut aux traitements médicaux classiques.
Il s’inscrit plutôt comme un outil complémentaire dans une approche globale du bien-être, associant hygiène de vie, sommeil, activité physique et accompagnement psychologique si nécessaire.
Son principal atout ?
Une bonne tolérance, l’absence d’effet psychotrope et un potentiel intéressant pour apaiser sans altérer la vigilance.
Vers un usage mieux compris et mieux encadré
À la croisée de la recherche scientifique, des tendances mondiales et de la réglementation nationale, le CBD entre aujourd’hui dans une nouvelle phase.
Celle d’un usage plus éclairé, mieux contrôlé et progressivement reconnu comme un allié possible face au stress du quotidien.
Un signal fort à l’heure où la santé mentale devient, au Maroc comme ailleurs, l’un des grands chantiers de la médecine moderne.
