Dr Anwar CHERKAOUI avec le concours de l’Agence Nationale de Réglementation des Activités Relatives au Cannabis (ANRARC).
Les effets potentiels du CBD (cannabis médical) constituent trois leviers clés de la récupération : modulation de l’inflammation, perception de la douleur et qualité du sommeil.
Trois paramètres cruciaux quand un joueur doit rejouer à haute intensité
La CAN 2025 au Maroc, puis la Coupe du monde 2026 avec ses 48 équipes et son calendrier tentaculaire, ne seront pas seulement des compétitions de football.
Elles seront un test grandeur nature pour les organismes des joueurs.
Un marathon physique et mental où la récupération pèsera parfois plus lourd que le talent.
Jamais le football mondial n’a autant sollicité ses athlètes.
Enchaînement des saisons européennes, compétitions continentales, fenêtres FIFA, CAN, puis un Mondial élargi à 48 nations, avec davantage de matches, de déplacements, de climats contrastés et de pression médiatique.
Le risque est clair : l’épuisement des corps avant même la fin du tournoi.
Dans ce contexte, tout ce qui touche à la récupération devient un enjeu stratégique.
Comme dans une grande course par étapes, ce ne sont plus seulement les jambes qui font la différence, mais la capacité à réparer, à dormir, à absorber les chocs, à calmer l’inflammation invisible qui s’installe après chaque effort.
C’est là que le CBD entre discrètement sur le terrain.
Une molécule qui attire les staffs techniques
Depuis son retrait de la liste des substances interdites par l’Agence mondiale antidopage en 2018, le CBD ( cannabis medical) circule dans les coulisses du sport de haut niveau.
Non psychotrope, sans effet euphorisant, il intrigue de plus en plus les préparateurs physiques, les médecins du sport et les chercheurs.
À l’approche de compétitions aussi exigeantes que la CAN 2025 et la Coupe du monde 2026, la question n’est plus anecdotique : le CBD peut-il aider à mieux encaisser l’enchaînement des matches, limiter la fatigue accumulée et améliorer la récupération entre deux rencontres décisives ?
Ce que la science affiche au tableau
Les travaux scientifiques récents n’annoncent pas de potion magique, mais ils dessinent des pistes intéressantes, particulièrement pertinentes dans un contexte de surcharge compétitive.
En 2020, une revue publiée dans Sports Medicine – Open par l’équipe de Danielle McCartney, à l’Université de Sydney, évoque des effets potentiels du CBD sur trois leviers clés de la récupération : modulation de l’inflammation, perception de la douleur et qualité du sommeil.
Trois paramètres cruciaux quand un joueur doit rejouer à haute intensité tous les trois ou quatre jours.
En 2021, dans Frontiers in Physiology, le chercheur Daniel Rojas-Valverde souligne des données précliniques suggérant une réduction du stress oxydatif et une modulation de certaines réponses immunitaires liées aux charges d’exercice élevées.
Des mécanismes centraux dans la réparation musculaire et nerveuse, au cœur des problématiques rencontrées lors des grands tournois.
Une étude pilote menée en 2022 par des équipes britanniques et néo-zélandaises auprès d’athlètes entraînés a, elle, observé des signaux techniques intéressants : modulation de marqueurs inflammatoires, réduction de la concentration de CO₂ en fin d’effort et amélioration du confort physique perçu après l’exercice.
Rien de spectaculaire, mais des indices suffisamment sérieux pour alimenter la réflexion des staffs à l’heure où chaque détail compte.
CAN 2025 et Mondial 2026 : la récupération comme arme tactique
Dans des compétitions aussi denses, la récupération devient une variable tactique.
Bien récupérer, c’est préserver un sprint décisif à la 90ᵉ minute, éviter une blessure musculaire, maintenir la lucidité dans les moments clés.
Le CBD ne remplace ni l’entraînement, ni la nutrition, ni le suivi médical classique.
Mais il pourrait s’intégrer, de façon encadrée et conforme aux règles antidopage, comme un outil complémentaire dans les protocoles modernes de récupération.
À condition de rester dans un cadre scientifique rigoureux, loin des effets de mode.
Le Maroc, pays hôte et laboratoire réglementé
Pour le Maroc, pays hôte de la CAN 2025 et acteur engagé dans la préparation des grands rendez-vous footballistiques internationaux, cette réflexion trouve un écho particulier.
La structuration du cannabis licite, pilotée par l’Agence Nationale de Réglementation des Activités Relatives au Cannabis (ANRARC), a permis l’émergence d’une filière encadrée, traçable et conforme aux standards internationaux.
Aujourd’hui, près de 90 produits à base de CBD sont autorisés au niveau national, dont une cinquantaine de compléments alimentaires. Une offre qui ouvre des perspectives dans le champ du bien-être et de la récupération, y compris pour les sportifs, dans un cadre légal et contrôlé.
À l’heure où le football mondial s’apprête à vivre l’une des périodes les plus exigeantes de son histoire, la vraie question n’est plus seulement qui gagnera la CAN ou la Coupe du monde.
Mais qui saura préserver ses joueurs jusqu’au bout.
Car dans ces tournois à haute intensité, le corps n’est plus un simple outil.
Il devient le premier adversaire à maîtriser.
