Dr Anwar CHERKAOUI
Expert en communication et en journalisme de santé
Dans les couloirs animés du 3ᵉ Congrès national de diabétologie du Maroc (2026), qui s’est tenu du 26 au 28 mars 2026, soufflait un vent nouveau.
Un vent frais, presque printanier, porté par une génération de médecins dont l’assurance tranquille donnait au rassemblement l’allure d’une traversée pleine de promesses.
Dès les premières heures, un détail frappait l’observateur attentif.
Les rangées de l’auditorium étaient occupées en majorité par des femmes médecins.
Jeunes, concentrées, souvent coiffées d’un élégant fichu – car, comme l’avait rappelé avec ce mélange de précision et d’ironie qui lui était propre Hassan II, « ce ne sont pas des voiles, ce sont des fichus ».
Une nuance de vocabulaire, peut-être, mais aussi une nuance de civilisation.
Ces jeunes femmes avaient le regard vif, les traits fins et l’assurance de celles qui savent que leur place dans la science n’est plus à conquérir, mais à exercer.
Leur anglais coulait avec aisance, comme une langue familière, outil naturel de la médecine contemporaine.
À la tête de cette aventure scientifique, une figure à la fois ferme et chaleureuse : Sonia Abahou.
Dynamique, souriante, parfois légèrement acerbe dans ses traits d’humour, elle conduisait cette grande rencontre avec l’énergie d’un capitaine sûr de son cap.
Sous sa houlette, l’organisation du congrès ressemblait moins à une réunion académique qu’à une expédition savamment orchestrée.
Et quelle expédition.
Car très vite, les échanges scientifiques prirent une tournure presque spectaculaire.
Lors des sessions de discussion, les questions fusèrent depuis les rangs.
Des questions précises, techniques, parfois redoutablement pointues.
À plusieurs reprises, les conférenciers venus d’Angleterre ou des États-Unis se retrouvèrent face à des interrogations formulées avec une rigueur et une pertinence remarquables.
Les jeunes endocrinologues marocaines ne se contentaient pas d’écouter. Elles dialoguaient, contestaient, approfondissaient.
Dans ces instants, on avait l’impression d’assister à un passage de témoin silencieux : celui d’une médecine marocaine pleinement entrée dans la conversation scientifique mondiale.

L’image était forte.
Deux tiers de la salle occupés par ces médecins au regard déterminé, fichu posé avec élégance, ordinateur ouvert, carnet de notes rempli d’équations métaboliques et de protocoles thérapeutiques.
Une génération qui n’a plus besoin de prouver qu’elle appartient à la grande famille de la science.
À cet instant précis, il devenait évident que l’endocrinologie et la diabétologie marocaines possèdent un avenir lumineux.
Car la science avance toujours comme un navire.
Parfois ballotté par les tempêtes du doute, parfois porté par les vents favorables de la découverte.
Et aujourd’hui, le navire de la Société Marocaine de Diabétologie semble prêt à prendre le large.
À son bord, une nouvelle génération de médecins, femmes et hommes, curieux, exigeants et ouverts sur le monde.
À la barre, des capitaines déterminés.
Devant eux : des océans de connaissances encore à explorer.
Alors, comme disent les vieux marins en regardant l’horizon se dégager :
Bon vent au capitaine… et longue route à ses matelots.
